Suites arithmétiques⚓︎
Exemple simple

Graphique de la suite que l'on peut définir par
- \(u_n = 2n-3\) pour \(n\in\mathbb N\)
- comme montré à la page précédente
- ou alors, de manière équivalente, par
- \(u_0 = -3\)
- \(u_{n+1} = u_n + 2\) pour \(n\in\mathbb N\)

Les suites arithmétiques1 sont les suites que l'on peut définir :
- avec une fonction affine explicite ;
- ou bien, de manière équivalente,
- le premier terme est donné
- un terme suivant se calcule comme la somme du terme courant et d'une valeur constante, nommée la raison.
Propriétés
-
\((u)\) est arithmétique \(\iff\) il existe \(a, b \in \mathbb R\) tel que pour tout \(n\in\mathbb N\), \(u_n = a\times n + b\).
Dans ce cas, on a \(u_0 = b\), et pour tout \(n\in \mathbb N\),
\(u_{n+1}= a\times(n+1) + b\)
\(u_{n+1}= an + a + b\)
\(u_{n+1}= an+b + a\).
\(u_{n+1}= u_n + a\).On dit que cette suite est arithmétique de raison \(a\) et de premier terme \(b\).
-
On peut définir une suite arithmétique par la donnée de sa raison (souvent notée \(r\)) et de son premier terme \(u_0\).
Dans ce cas, on a pour tout \(n\in \mathbb N \quad u_{n+1} - u_n = r \quad \textrm{et} \quad u_n = u_0 + rn\).
On a aussi pour tout \(n\in \mathbb N \quad u_{n+1} = u_n + r\)
Exercice type
\((u_n)\) est une suite arithmétique telle que \(u_{10} = 1757\) et \(u_{100} = 5537\), déterminer \(u_n\) en fonction de \(n\).
Réponse
\(u_n\) est arithmétique, donc il existe des nombres \(a\) et \(b\) tels que pour tout \(n\in \mathbb N \quad u_n = an+b\)
On a \(u_{100} = 100a +b = 5537\), et \(u_{10} = 10a +b = 1757\), par soustraction on obtient :
\(u_{100} - u_{10} = 100a - 10a = 5537 - 1757\), d'où l'on tire
\(90a = 3780\), et donc \(a = \dfrac{3780}{90} = 42\).
On a donc, pour tout \(n\in \mathbb N \quad u_n = 42n+b\), et avec \(n=10\), on a:
\(u_{10} = 42\times10 + b = 1757\), d'où \(b = 1757 - 420 = 1337\).
On aurait également trouvé \(b=1337\), de la même manière, en utilisant \(u_{100} = 5537\).
Conclusion : pour tout \(n\in \mathbb N \quad u_n = 42n + 1337\).
Vérification
- \(u_{10} = 42×10 + 1337 = 420+1337 = 1757\) ; OK
- \(u_{100} = 42×100 + 1337 = 4200 + 1337 = 5537\) ; OK
Penser à faire ce genre de vérification, c'est rapide et rassurant !
Culture geek
- \(42\) est la réponse à la grande question sur la vie, l'univers et le reste.
- \(1337\) est un code qui se prononce Elite, où l'on remplace les lettres par d'autres symboles.
- L est remplacé par
1, en anglais on prononce comme : elle - E est remplacé par
3, en anglais on prononce comme : i - T est remplacé par
7, en anglais on prononce comme : t - (elle, i, i, t) se prononce alors comme elite en anglais.
- L est remplacé par
Somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique⚓︎
Étape 1 : Sn = 0+1+2+3+4+…+n⚓︎
Notre objectif est d'établir une formule pour \(S_n\). On l'écrit dans un sens, puis à l'envers, on ajoute les termes qui se correspondent de façon à obtenir \(2S_n\) qui est la somme de \((n+1)\) termes tous égaux.
| \(S_n\) | \(=0\) | \(+1\) | \(+2\) | \(\cdots\) | \(+(n-2)\) | \(+(n-1)\) | \(+n\) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| \(+S_n\) | \(=n\) | \(+(n-1)\) | \(+(n-2)\) | \(\cdots\) | \(+3\) | \(+2\) | \(+1\) |
| \(2S_n\) | \(=n\) | \(+n\) | \(+n\) | \(\cdots\) | \(+n\) | \(+n\) | \(+n\) |
Il y a \((n+1)\) termes de \(0\) à \(n\) inclus.
On tire \(2S_n = n(n+1)\).
Conclusion
Pour tout \(n\in \mathbb N \quad 0+1+2+3+4+\cdots+n = \dfrac{n(n+1)}2\).
Cas général⚓︎
Pour une suite arithmétique \((u)\) de premier terme \(u_0\) et de raison \(r\), la somme des premiers termes est :
Remarquons une chose :
- \(u_{n} + u_0 = u_0+n×r+u_0 = 2u_0+u_n\)
- \(u_{n-1} + u_1 = \left(u_0 + (n-1)×r\right) + (u_0 + 1×r) = 2u_0 + n×r = u_0 + u_n\)
- \(u_{n-2} + u_2 = \left(u_0 + (n-2)×r\right) + (u_0 + 2×r) = 2u_0 + n×r = u_0 + u_n\)
- \(u_{n-i} + u_i = \left(u_0 + (n-i)×r\right) + (u_0 + i×r) = 2u_0 + n×r = u_0 + u_n\), de manière générale.
De sorte que :
Que l'on peut traduire en :
À retenir
La somme de termes d'une suite arithmétique est la moyenne entre le premier et le dernier terme, multiplié par le nombre de termes.
Exemple
Quelle est la somme \(2000 + 2100 + 2200 + \cdots + 50000\) ?
Réponse
Il s'agit bien d'une somme de termes d'une suite arithmétique de raison \(100\). La question délicate étant : combien y a-t-il de termes ?
Cette somme vaut \(\dfrac{2000 + 50000}2 × q\) où \(q\) est le nombre de termes de cette somme.
On peut dire que la suite arithmétique associée est \((u)\), avec \(u_0=2000\) et de raison \(100\).
Le dernier terme considéré est \(u_n = 2000 + n×100 = 50000\), d'où \(n = \dfrac{48000}{100} = 480\).
Il y a donc \(q=81\) termes de \(u_0\) à \(u_{480}\).
La somme vaut donc \(\dfrac{2000 + 50000}2 × 481 = 26000×481 = 12\,506\,000\).
Variante
La somme est constituée des multiples de \(100\), de \(2000\) à \(50000\), on peut dire que :
- \(S = 2000 + 2100 + 2200 + \cdots + 50000\)
- \(S = (0 + 100 + 200 + \cdots + 50000) - (0 + 100 + 200 + \cdots + 1900)\)
- \(S = 100(0 + 1 + 2 + \cdots + 500) - 100×(0 + 1 + 2 + \cdots + 19)\)
- \(S = 100×\dfrac{500×501}2 - 100×\dfrac{19×20}2\)
- \(S = 12\,525\,000 - 19\,000 = 12\,506\,000\)
Variante avec Python
Cliquez sur chaque bulle pour avoir une explication.
somme = 0 # (1)!
u = 2000 # (2)!
while u <= 50000: # (3)!
somme = somme + u # (4)!
u = u + 100 # (5)!
print(somme) # (6)!
- On initialise
sommeà0 - On initialise
uà200 - On répète en boucle tant que
u < 50000 sommeaugmente deuuaugmente de100- On affiche
somme
12506000
Pour augmenter la valeur d'une variable, on écrit que sa nouvelle valeur est égale à son ancienne valeur plus la quantité à augmenter, par exemple u = u + 100 n'est pas une équation, c'est une affectation. La nouvelle valeur de u est égale à l'ancienne valeur plus 100. Ainsi u a augmenté de 100.
Quelle méthode choisir ?
- La version Python est généralisable facilement à tout type de suite.
- Les versions mathématiques permettent d'obtenir des résultats théoriques dans certains cas particuliers.
Il faut savoir faire les deux méthodes !